Comprendre le périnée pour mieux accompagner les patientes, à l’occasion du Pelvic Floor Dysfunction Awareness Month

Comprendre le périnée pour mieux accompagner les patientes, à l’occasion du Pelvic Floor Dysfunction Awareness Month

Pourquoi parler de périnée / de plancher pelvien en août ?

Août est le Pelvic Floor Dysfunction Awareness Month (= le mois de sensibilisation aux troubles du plancher pelvien). C'est une campagne portée notamment par l’International Urogynecological Association (IUGA), société savante internationale dédiée à la santé pelvi‑périnéale, et relayée par plusieurs sociétés de pelvi‑périnéologie à travers le monde.

Mais, qu'est-ce que c'est exactement, une dysfonction du plancher pelvien ?

C'est l’ensemble des troubles liés au mauvais fonctionnement des muscles et tissus du périnée : difficultés à se contracter ou se relâcher, perte de soutien des organes, altération du contrôle sphinctérien. Cela peut se traduire par des fuites urinaires ou anales, des prolapsus, des douleurs pelviennes, des troubles de la sexualité ou du transit.

Pour beaucoup de femmes, le périnée reste un “angle mort”. Elles savent vaguement qu’il existe, mais ne font pas toujours le lien entre leurs symptômes (fuites, lourdeurs, constipation, douleurs, sexualité douloureuse) et ce groupe musculaire.

Les femmes dont la santé intime est particulièrement fragilisée (SGUM, cicatrices, pathologies vulvaires chroniques, etc.), sont bien souvent l'occasion de parler du périnée autrement, au-delà du seul angle souvent bien connu de la “rééducation post‑partum”.

 

1. (Re)poser le périnée comme organe central

Le plancher pelvien est un ensemble de muscles et de tissus qui tapissent le fond du bassin et soutiennent la vessie, l’utérus et le rectum. Une sorte de “hamac musculaire”, si vous voulez !

Il joue un rôle majeur dans :

  • la continence urinaire et anale ;
  • la statique pelvienne (prévention ou limitation du prolapsus, aussi appelé " descente d'organes") ;
  • la sexualité (sensations, confort, douleur ou non pendant les rapports, etc.).

Quand ce plancher pelvien est trop faible, trop tendu, mal coordonné ou altéré par des évènements variés (grossesses, accouchements, ménopause, chirurgie, radiothérapie, obésité, efforts répétés, etc.), les personnes peuvent présenter un large éventail de symptômes :

  • fuites urinaires ou anales, urgences mictionnelles ;
  • constipation, difficultés à évacuer, sensation de blocage ;
  • lourdeurs pelviennes, sensation de “boule” pesante au niveau du vagin, prolapsus ;
  • douleurs pelviennes, douleurs pendant les rapports (dyspareunie), difficulté à relâcher le périnée.

En consultation, rappeler ces fonctions avec des mots simples permet aux patientes de comprendre qu’il ne s’agit pas “juste de muscles”, mais d'un organe (ou même plutôt d'un groupe d'organes !) fonctionnel central, au croisement de nombreuses fonctions intimes.

2. Relier périnée et santé intime fragilisée

Chez de nombreuses femmes, la sécheresse intense, le SGUM, les cicatrices périnéales, les pathologies vulvaires, les troubles de santé intime suite à un cancer, etc. coexistent presque systématiquement avec des dysfonctions du plancher pelvien.

Quelques associations fréquentes :

SGUM + dyspareunie + hypertonie périnéale
Ménopause ou traitements hormonaux induisant un SGUM, avec sécheresse vulvo‑vaginale, brûlures et douleurs pendant les rapports, souvent associées à un périnée hypertonique ou douloureux.

Cicatrices périnéales + efforts + fuites
Suites d’épisiotomie, de déchirures ou de chirurgie périnéale, avec sensation d’inconfort lors des longues marches, du sport ou des stations prolongées, qui forcent sur le périnée et s'accompagnent parfois de fuites urinaires ou d’une sensation de fragilité au niveau du périnée.

Radiothérapie pelvienne + douleurs vulvo‑vaginales + troubles urinaires ou de transit
Patientes en suites de cancer gynécologique ou de cancer du sein, avec radiodermites, troubles de la vidange ou urgences mictionnelles, douleurs vulvo‑vaginales, altération de la fonction sphinctérienne.

 

Nommer les liens aide à sortir d’une vision “symptôme par symptome” et permet de poser un cadre global de prise en charge, dans lequel plainte de santé intime, de santé globale et de santé périnéale sont liées et entendues comme différentes faces d’une seule et même histoire.

3. Ajuster notre façon de questionner

Les recommandations récentes sur la dysfonction du plancher pelvien insistent sur l’importance de questions ciblées pour repérer les troubles et proposer des prises en charge non chirurgicales précoces.

Quelques questions très simples peuvent être intégrées aux consultations, en particulier chez des personnes en post‑partum, en périménopause / ménopause, ou en suites de chirurgie pelvienne :

  • « Avez‑vous des fuites d’urine (en toussant, en riant, en courant, en portant quelque chose de lourd) ou parfois / souvent le besoin urgent d’aller aux toilettes ? »
  • « Avez‑vous parfois des difficultés à vider complètement votre vessie ou votre rectum ? »
  • « Ressentez‑vous des lourdeurs, des pesanteurs, ou comme une sensation de “boule” au niveau du vagin, qui vous gênent au quotidien ? »
  • « Les rapports sexuels sont‑ils douloureux ou inconfortables ? »
  • « Avez‑vous renoncé à certaines activités (sport, sorties, vie sociale et intime, etc.) à cause de certains troubles ou certaines sensations associés à votre bas‑ventre / vulve / périnée ? »

Mises en regard d'éventules symptômes vulvaires (sécheresse, brûlures, cicatrices, suites de cancer), ces questions permettent de tracer un profil périnéo‑vulvaire et d’orienter au bon moment vers une évaluation plus complète ou une prise en charge pluridisciplinaire.

4. S’appuyer sur la pluridisciplinarité… et outiller le quotidien

La prise en charge des dysfonctions du plancher pelvien et de la santé intime est rarement monolithique. On mêle souvent prévention, rééducation pelvi‑périnéale et approches non chirurgicales, en articulation avec des traitements médicaux adaptés.

En pratique, cela peut passer par :

Une rééducation périnéale supervisée

Travail sur le tonus, la coordination, le relâchement ou la contraction, la conscience corporelle, avec des programmes sur plusieurs semaines

Des conseils ciblés sur mode de vie et activité physique

Réduire la constipation, adapter les charges et les efforts, encourager une activité physique adaptée, travailler sur le poids, pour limiter les pressions et surcharges sur le plancher pelvien, etc.

L’usage de dispositifs médicaux

Pessaire pour soutenir un prolapsus ou soulager les symptômes de descente d’organes ; sonde ou biofeedback pour aider au travail de prise de conscience et de renforcement musculaire ; dilatateurs dans les contextes de dyspareunie ou de suites de radiothérapie.

Traitements médicaux

traitements locaux topiques pour la sécheresse vulvo‑vaginale / SGUM ; traitements pour les troubles urinaires (hyperactivité vésicale, ou médicaments contre les infections récidivantes) ; traitements anti-douleur pour la douleur pelvienne chronique, etc.

La place d’Intima Rescue dans la “boîte à outils” des soignants

Dans le cadre de ces soins, Intima Rescue a toute sa place dans la “boîte à outils” clinique, comme soin vulvaire complémentaire au coeur du protocole de soin.

Au cabinet

Pour réaliser les massages périnéaux ou cicatriciels, pour les exercices avec dilatateurs, pour les pessaires, lors des examens, pour améliorer le confort local et soutenir la souplesse des tissus, etc.

Au domicile

Pour aider les patientes à apaiser, hydrater et protéger des muqueuses fragilisées au quotidien, plusieurs fois par jour, en application simple ou en massage doux, en complément des traitements prescrits et des séances de rééducation ; pour les accompagner dans leurs soins quotidiens.


En inscrivant nos pratiques dans le Pelvic Floor Dysfunction Awareness Month, en ce mois d’août, nous ne faisons pas qu’honorer un rendez‑vous de calendrier. Nous offrons surtout à nos patientes une vision plus complète de leur périnée, de leur vulve, et des ressources disponibles pour traverser l’été (et le reste de l’année !) avec un peu plus de confort et de lisibilité.

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